L’IMPORTANCE DE LA COMMEMORATION LITURGIQUE DE NOS DEFUNTS

L’office de la commémoration liturgique des défunts

Pendant l’office de commémoration nous prions ensemble pour que le Christ ressuscité, notre Dieu, accueille l’âme d’un défunt dans le séjour de la lumière et de la paix. La vie est un grand mystère  qui se manifeste entre ses  deux bornes -la naissance et la mort-, tout à la fois  remplies d’une transcendance inépuisable. Pournotre église la mort d’un croyant en Christ, notre Seigneur, n’est pas une mort dans le sens d’une non-existence, mais plutôt  une renaissance dans une nouvelle vie, purement spirituelle,  qui nous a été révélée par le Christ et garantie par Sa résurrection.

En conséquence, la commémoration liturgique de nos défunts est un moment de rencontre spirituel, de partage, de l’amour et du respect envers eux, à travers la Divine Liturgie.  Autrement dit, ladite commémoration se manifeste  en présence du Christ ressuscité, de Son Saint Esprit, de la Vierge Marie et de Tous les Saints.

 

La réalité  d’une vie après la mort

Le mystère de notre existence réside dans le fait que nous -en tant que êtres humaines- ne sommes pas créés comme une espèce, mais plutôt comme des personnes, « à l’image et à la ressemblance »des hypostases de la Très Sainte Trinité.  Chaque personne est  ainsi unique, irépétable et éternelle. Nous détenons l’éternité en nous même. Autrement dit, nous sommes « condamnés à l’éternité ». C’est pourquoi, pour être  – ou mieux pour devenir –  un homme (comme disait Mircea Eliade) chacun d’entre nous est appelé à vivre authentiquement religieux.

Dieu a voulu que notre vie éternelle soit bien préparée par l’environnement biopsychique de la même façon que la vie biologique a été préparée par la vie intra-utérine. En quittant cette vie sublunaire, à travers la mort du corps,  nous renaissons dans une nouvelle étape de notre vie, une vie purement spirituelle et supérieure à la précédente, parce que nous somme invités à la rencontre de tous ceux qui nous aiment et nous attendent.Celle-ci représente notre  chemin le plus long vers le Royaume éternel de la lumière et de l’amour de la Très Sainte Trinité ; autrement dit nous naissons au ciel !

Pour la plupart des chrétiens la vie dans le ciel (la vie purement spirituelle) n’est qu’un supplément — qu’ils se représentent très mal — de la vie terrestre. La vie dans le ciel serait en quelque sorte le post-scriptum, l’appendice d’un livre dont la vie terrestre serait le texte même. Mais c’est le contraire qui est vrai. Notre vie terrestre n’est que la préface du livre. La vie dans le ciel en sera le texte, et ce texte n’aura pas de fin.

En parlant de la vie éternelle le Christ compare l’homme au grain de blé, qui doit d’abord mourir pour porter après ses fruits : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 24). La condition de donner ses fruits pour la vie éternelle consiste dans notre foi en Celui qui est la source de la vie et de l’éternité : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » (Jean 11, 25-26).

Le fondement chrétien de la vie éternelle 

Le fondement de la vie éternelle est le Christ! Si le Fils de Dieu ne s’était pas fait homme pour offrir la vie éternelle aux humains,grâce à sa résurrection, on n’aurait jamais su pourquoi le monde existe et pourquoi les générations naissent et meurent les unes après les autres. Toutes les tentatives de la pensée humaine pour trouver un sens au monde n’auraient été que des spéculations.

Seul le Christ né et ressuscité nous donne la clé d’interprétation du rôle positif du monde et de la vie humaine. Il nous a montré qu’il existe réellement un autre but, qui dépasse ce monde où tout disparaît. Le Christ y est venu comme le soleil resplendissant de justice, vainqueur du mal dans le monde physique et en nous. C’est Lui le soleil levant qui, par Sa naissance, par Sa mort et par Sa résurrection, nous a apporté l’authentique joie de la vie éternelle.

Dans toutes les autres religions l’existence des dieux est présente seulement pour donner la mesure de leur immortalité face aux hommes en tant que mortels. Par contre, le christianisme reste la seule religion où Dieu s’offre Lui-même à la mort – en descendant dans les profondeurs de l’enfer, plus bas que le plus grand des pécheurs – pour que, par sa résurrection, il rende les humains immortels ; dans Son immortalité, Dieu assume ainsi la mort.

 

L’utilité de l’office de commémoration des défunts

Par notre naissance au ciel nous nous présentons à la grande rencontre avec les âmes de nos parents, de nos grands parents et de tous nos ancêtres (1Cor. 15, 23). C’est pourquoi l’office liturgique de la commémoration des défunts est en fait une antichambre nécessaire de cette grande rencontre dans la vie éternelle.

Plus particulièrement les offices liturgiques sont plus que nécessaires pour l’ascension des âmes de nos défunts vers le Royaume de Dieu. Comme disait le grand historien roumain Nicolae Iorga : « un homme ne meurt pas quand nous l’accompagnons au tombeau, mais quand il n’y aura plus personne pour le commémorer ».

Ainsi la commémoration périodique et régulière de nos défunts fait partie de notre culture et de notre spiritualité chrétienne. Or, entre le culte et la culture il a toujours existé une relation indispensemble selon laquelle ”l’âme de la culture est la culture de l’âme”!

Alors, n’évitez pas les commémorations générales de nos défunts, que notre Eglise les a prévue pendant l’année liturgique. N’évitez pas non plus, le dialogue avec votre propre mort, car le but de la mort est de donner un sens à la vie. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que la mort n’a pas de rapport avec l’âge de l’homme, car, selon le sage médiéval Johanes von Tepl « dès sa naissance, l’homme est assez vieux pour mourir » !Puisse cela se faire avec dignité, avec foi et surtout avec l’espérance de la Résurrection et de la vie éternelle.

Que Dieu repose les âmes de tous nos défunts dans Sa paix et Sa joie divine, dans le Royaume de la lumière et de l’amour éternel de la Très Sainte Trinité!        

Père Adrian

 

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