Lexique

 

Acathiste (adj. et n.m.) : (du grec  » qui n’est pas assis « ) Hymne pendant le chant de laquelle on reste debout. L’Hymne acathiste à la Mère de Dieu, le plus connu des acathistes, fait partie des matines du samedi de la cinquième semaine du Carême.

Acédie (n.f.) : (du grec akedia) Rupture de l’ascèse et de la vigilance, état de négligence intérieure, de découragement ou perte de l’élan pour les choses spirituelles, d’où la recherche du  » divertissement  » sous toutes ses formes. Voir Passion.

Acémète (adj. et n.m.) : (du grec  » qui ne dort pas « ) Moines de certains grands monastères divisés en trois groupes assurant chacun huit heures d’office.

Action de grâces : Remerciements pour des bienfaits reçus de Dieu. Saint Paul en recommande la pratique constante : En toute condition, soyez dans l’action de grâces (1 Th 5, 18).

Aër (n.m.) : (grec  » air « ) Le plus grand des trois voiles liturgiques, destiné à couvrir la patène et le calice. Il est agité au-dessus des Saints Dons pendant la récitation du Symbole de foi, en signe de la descente du Saint-Esprit.

Agapes : (du grec agapein  » aimer « ) Repas des chrétiens, en signe de charité et d’unité. À l’origine, ce repas précédait la célébration eucharistique, alors que maintenant il le suit.

Agneau : Dans la Liturgie, la parcelle centrale, de forme carrée, découpée de la prosphore pendant la Proscomédie et portant l’inscription IS XS – NIKA (Jésus Christ Vainqueur), représentant l’Agneau de Dieu, le Christ immolé en sacrifice. L’Agneau est sanctifié pendant l’anaphore pour servir à la communion.

Alléluia (n.m.) : Acclamation hébraïque signifiant  » Louez le Seigneur « . Chant de joie dans la Liturgie et les Offices. L’Alléluia de la Liturgie et de certains offices est un chant qui suit la lecture de l’Épître.

Âme : Chez les Pères, les parties de l’âme sont l’ardeur, le désir et la raison.

Ambon (n.m.) : (grec  » petite estrade « ) Partie surmontée de la nef d’une église, en forme de demi-cercle, se trouvant généralement juste devant les portes royales ; il peut être aussi sur le coté gauche ou nord.

Amen : Racine du mot hébreu signifiant vérité :  » Oui, c’est vrai ; il en est ainsi « . Une affirmation et une acceptation :  » Oui, de toute mon âme « .

Anachorèse : Retrait, départ, fait de se retirer dans un lieu désert.

Anachorète : Moine ou moniale solitaire, ermite. Voir Cénobite.

Anamnèse (n.f.) : (du grec anamnesis  » souvenir, action de rappeler à la mémoire « ) Acte rendant actuel un événement passé ou même – paradoxalement – à venir, en le rappelant non seulement à la mémoire des hommes mais aussi à celle de Dieu. Dans la Liturgie, prière après les paroles de l’Institution qui rappelle et rend présent l’œuvre du salut que Dieu a accompli pour nous, les mystères du Verbe incarné. Ce rappel est fait  » en souvenir  » du précepte du Seigneur : Faites ceci en mémoire de moi (Lc 22,19).

Anaphore (n.f.) : (du grec :  » porter en haut, ou oblation, offrande « ) Partie centrale de la Liturgie, la prière eucharistique, au cours de laquelle s’accomplit le mystère sacré (correspond au Canon de la Messe romaine).

Anges : (du grec aggelos  » messager « ) Créatures incorporels et invisibles, qui apparaissent souvent dans la Bible comme agents ou messagers de Dieu et qui le louent perpétuellement.

Année liturgique : Rappel et actualisation des principaux événements de la vie du Christ et de la Mère de Dieu, l’année liturgique commence le premier septembre.

Antidore (n.m.) : (du grec antidoron  » à la place du pain « ) Morceaux de pain qui restent des prosphores après que le prêtre a enlevé l’Agneau et les autres parcelles pendant la Proscomédie ; ces morceaux sont bénis pendant la Liturgie, mais non consacrés, et distribués aux fidèles après la communion ou après la Liturgie.

Antiennes (n.f.pl.) (parfois aussi Antiphones, du grec antiphona  » répons, refrain « ) : Versets, généralement bibliques, souvent chantés en alternance par deux chœurs, encadrant ou accompagnant comme un refrain le chant d’un psaume ou d’un cantique biblique. Le dimanche, les antiennes de la Liturgie dans les églises d’usage slave sont des versets des psaumes 102 et 145 et les Béatitudes (office des Typiques).

Antimension (n.m.) : (du latin anti  » contre  » et mensa  » ce qui est fixe, table « ) À l’origine un autel portatif. Actuellement un linge sur lequel est dessinée la scène de l’ensevelissement du Christ et au revers duquel est cousu un sachet contenant des reliques de martyrs. Il est consacré et signé par l’évêque dont le prêtre célébrant la Liturgie est le représentant et il repose sur l’autel pendant la Liturgie. Dans l’usage grec, il ne contient pas de reliques.

Antiphone : Voir Antiennes.

Apatheia (n.m.) : (grec,  » absence de passions « ) Voir Impassibilité.

Apocatastase (n.m.) : (du grec,  » rétablir, restaurer « ) Enseignement, rejeté par l’Église au Ve Concile œcuménique, de la restauration universelle du cosmos dans son harmonie originelle à la fin des temps ; plus étroitement, salut universel de tous les hommes et les anges, y compris les démons.

Apocryphe (adj. et n.m.) : (du grec  » tenu secret « ) Écrit chrétien primitif dont l’authenticité n’a pas été suffisamment établie et qui n’a pas été retenu dans les canons des saintes Écritures. Les fêtes de la Nativité et de l’Entrée de la Mère de Dieu au Temple sont inspirées d’un document apocryphe, le  » Protoévangile de Jacques « . Certains textes de l’Ancien Testament (notamment Tobie, Judith, Maccabées, Sagesse, Écclésiastique et Baruch) sont appelés parfois  » deutérocanoniques « , parfois  » apocryphes « . L’Église orthodoxe conserve ces livres mais considère qu’ils n’ont pas le même degré d’inspiration que les autres livres canoniques.

Apokréo (n.m.) : (grec,  » adieu à la chair « ) Dernier dimanche où l’on peut manger de la viande avant le Grand Carême.

Apollinarisme : Hérésie d’Apollinaire de Laodicée au IVe siècle, selon lequel l’humanité du Christ, incomplète ou imparfaite, n’ayant pas d’esprit ou intellect (noûs), était nécessairement complétée par la nature divine du Logos.

Apolytikion (n.m.) : (du grec  » qui conclut « ) Tropaire récapitulatif du sens de la fête, chanté à la fin des vêpres et de matines ainsi qu’à la Liturgie après la Petite Entrée. Dans l’usage slave, on dit simplement  » tropaire « .

Apophase, Apophatique : (du grec apophasia  » négatif « ) Approche de Dieu qui procède par négation, dire ce que Dieu n’est pas. Voir Cataphatique.

Apophtegme (n.m.) : Parole mémorable des Pères du désert, comportant souvent une anecdote ou une question du disciple et la réponse de l’ancien.

Apostiches (n.m.pl.) : Versets psalmiques chantés à la fin des vêpres et des matines, intercalés entre des versets psalmiques.

Apôtre (n.m.) : En l’absence d’autre contexte, réfère souvent à l’Apôtre Paul ; également le livre liturgique contenant les Épîtres de chaque jour de l’année liturgique.

Après-fête (n.f.) : Prolongement d’une fête, qui peut aller d’un à huit jours (octave).

Archimandrite : (lit.  » chef du troupeau « ) Supérieur d’un monastère, synonyme d’higoumène. Aujourd’hui également un titre honorifique accordé à un moine prêtre.

Archistratège : Chef des armées célestes, titre attribué à l’archange Michel.

Arianisme : Hérésie d’Arius (IVe siècle), prêtre d’Alexandrie, qui prétend que le Christ n’est pas Dieu, mais un être supérieur créé par Dieu.

Ascèse : (du grec askysis  » exercice ou combat « ) Pratique ou lutte spirituelle en vue du salut, en particulier pour la maîtrise des passions. Sont inclus parmi les pratiques ascétiques la prière, le jeûne, les veilles, les métanies et l’aumône.

Astérisque (n.m.) : Instrument liturgique composé de deux lamelles de métal, recourbées en demi-cercle. croisées l’une sur l’autre, terminées par une croix, à laquelle pend une petite étoile. Elle sert à préserver les parcelles de pain du voile qui doit les couvrir.

Athonite : Moine du Mont Athos (en grec oros agios,  » sainte montagne « ). On dit aussi hagiorite.

Attendrissement : (en grec katanyxis) Dans la spiritualité, une douleur du cœur liée à la douceur de l’amour de Dieu et du prochain et à une profonde humilité.

Autel : Table Sainte placée dans le sanctuaire de l’église, lieu central du déroulement du sacrifice eucharistique, qui rend présent et actuel le sacrifice du Christ ; représente aussi la Croix et le Tombeau.

Autocéphale (adj.) : (du grec  » qui a sa propre tête « ) Indépendance ecclésiastique des Églises nationales orthodoxes, tout en étant en communion entre elles.

Autonome (adj.) : Église orthodoxe qui a à sa tête un archevêque ou métropolite majeur, mais qui pour certains actes importants doit recevoir l’assentiment du Patriarche dont elle relève.

Avant-fête (n.f.) : Jour ou série de jours (cinq pour Noël, quatre pour la Théophanie) qui précèdent une grande fête.

Avent : La fête de la Nativité du Christ, le 25 décembre, est précédée d’un carême de quarante jours, appelé  » Avent « .

Axios : (grec,  » il est digne « ) Se dit ou se chante trois fois par l’ordinant et par le peuple pendant l’ordination d’un diacre, d’un prêtre ou d’un évêque.

Baptême : (du grec baptizein  » plonger « ) Sacrement d’initiation à la vie chrétienne, typiquement pratiqué dans l’Église orthodoxe par la triple immersion du candidat, enfant ou adulte, dans l’eau.

Bible ou Écritures (Saintes) : (du grec biblos,  » livre « ). Le Nouveau Testament est le même pour toutes les confessions chrétiennes, mais le texte de l’Ancien Testament en usage liturgique dans l’Église orthodoxe est l’ancienne traduction grecque, la version dite des Septante, retraduite dans les autres langues. L’Église orthodoxe reconnaît les mêmes livres de la Bible que l’Église romaine, y compris les livres dits  » deutérocanoniques « , qui ont été acceptés après une longue hésitation. L’Apocalypse est compris dans le Nouveau Testament, mais n’est pas lue en Église.

Byzance : Nom donné à l’Empire romain oriental fondé par l’Empereur Constantin en 330, ayant sa capital à Constantinople (auparavant le village de Byzance) et conquit par les Turcs en 1453. L’adjectif ( » byzantin, byzantine « ) est parfois utilisé comme synonyme d’ » orthodoxe « .

Calendrier : Deux calendriers sont en usage dans les Églises orthodoxes, le calendrier julien (ancien calendrier) et le calendrier grégorien (nouveau calendrier). Le calendrier julien a actuellement treize jours de retard sur le calendrier grégorien. Ainsi, certains fêtes liturgiques ne sont pas célébrées aux mêmes dates dans toutes les Églises. Pâques par contre, ainsi que toutes les fêtes et les dimanches qui dépendent de Pâques, est célébrer le même jour dans pratiquement toute l’Église orthodoxe. Pâques est fêté le dimanche qui suit la pleine lune après l’équinoxe de printemps, calculé selon le calendrier julien, et après la Pâque juive. La date de Pâques peut ainsi tomber le même jour que dans l’Église romaine, ou avoir un décalage d’une à cinq semaines.

Calimavkhion ou Kalimafkion ou Kamilafkion (n.m.) : (du grec) Bonnet noir en forme de cylindre des moines et des moniales. Chez les Grecs, il est muni d’un petit rebord au-dessus du cylindre. Chez les hiéromoines des pays slaves, il est complété, dans l’église et à d’autres circonstances formelles, par un voile qui tombe dans le dos, formant ainsi le klobouk (russe). La skoufa ou le skoufos (du grec) est un bonnet noir en tissu mou à usage quotidien des moines.

Canon (n.m.) : (du grec  » règle, loi « ) Dans son sens liturgique, composition hymnographique typiquement divisée en neuf chants ou odes, lesquelles en leur tour se divisent en un certain nombres de strophes appelées tropaires. Peut aussi désigner une partie de la Liturgie, notamment, comme dans la Messe romaine, la prière eucharistique. En ecclésiologie, règle ou décision de l’Église, par exemple des conciles œcuméniques. Il existe aussi des canons concernant les icônes, leur vénération et leur peinture.

Carême (n.m.) : (du latin, quadragesima,  » quarantième « ) Période de jeûne ou d’abstinence (de viande et de laitages). Le Grand Carême précède la Semaine Sainte, du lundi après le dimanche du  » Paradis perdu  » (ou de la Tyrophagie) au vendredi avant les Rameaux ; le carême de Noël, du 15 novembre au 25 décembre ; le carême des Apôtres, du lundi après le dimanche de Tous les Saints (qui suit la Pentecôte) au 28 juin ; et le carême de la Mère de Dieu ou de la Dormition, du premier au 14 août.

Cataphatique (adj.) : (du grec cataphasis  » affirmatif « ) L’approche de Dieu qui procède par affirmation. Voir Apophatique.

Catavassia, Katavasia ou Catavasie (n.f.) : (du grec,  » descente « ) Strophe chantée à la fin de chaque ode des matines, qui peut être l’hirmos de l’ode, l’hirmos d’une grande fête ou une catavassia de la Mère de Dieu.

Catéchumène : (grec  » enseigné, instruit à vive voix « ) Candidat au baptême.

Cathisme (n.m.) : (du grec  » assis « ) Partie de l’office durant laquelle on peut s’asseoir. Pour leur usage liturgique, les 150 psaumes sont groupés en vingt sections appelées cathismes, eux-mêmes divisés en trois stichologies ou stances.

Catholicon (n.m.) : (du grec katholikos,  » universel, selon le tout, dans sa totalité « ) Église principale d’un grand monastère.

Catholicos (n.m.) : Primat d’une Église, en dehors des frontières orientales de l’Empire Byzantin ; le titre reste en usage chez les Arméniens et les Assyriens.

Catholique : « . Un des quatre attributs de l’Église dans le Credo ; la vérité chrétienne, révélée, donnée à l’Église et destinée à tous ; l’Église dans sa plénitude, dans toute la profondeur de la vérité. Lorsque ses membres sont orthodoxes, l’Église est dite « catholique » parce qu’elle s’identifie alors à la totalité du Corps du Christ. Depuis le schisme entre l’Orient et l’Occident et dans le langage populaire, le mot  » catholique  » sert souvent à désigner l’Église romaine et ses fidèles, tandis que le mot  » orthodoxe  » sert alors à désigner les Églises qui ont conservé la foi orthodoxe.

Cénobite (n.m.) , cénobitique (adj.) : (du grec koinobion  » vie commune « ) Désigne ou concerne le moine ou la moniale qui vit en communauté. Voir Anachorète.

Chalcédoine : Ville d’Asie mineure, sur le Bosphore, où s’est tenu en 451 le IVe Concile œcuménique par lequel a été défini l’union des deux natures, divine et humaine, dans la seule personne du Christ. Les Églises Pré-Chalcédoniennes sont celles qui n’ont pas accepté les définitions de ce Concile ; il s’agit notamment des Églises d’Égypte (les Coptes), d’Arménie, d’Éthiopie et l’Église Jacobo-Syrienne.

Chapelet : Le chapelet ou rosaire chez les orthodoxes, souvent en laine, typiquement noire, formé de cent nœuds (aussi de 33 nœuds ou de 300 nœuds), est utilisé surtout pour la récitation de la prière de Jésus. Chez les Grecs, komvoskhinion ou komvologhion  ; chez les Slaves, viervitsa ou tchotki.

Charisme (n.m.) : Grâce particulière ou don de l’Esprit-Saint au service de l’Église (cf. 1 Co 12, 1-27).

Chérubikon ou Chérubicon (n.m.) :  » L’hymne des Chérubins  » Hymne chantée pendant la Grande Entrée, par lequel les fidèles sont invités à chanter l’hymne trois saint et à déposer  » tous les soucis de ce monde… pour recevoir le Roi de toutes choses « , rejoignant ainsi le chœur des anges dans les cieux pour le célébration commune du Mystère eucharistique.

Chrême (Saint) (aussi Myron) (n.m.) : (du grec chrîsma,  » huile d’onction « ) Huile consacrée par le Patriarche, servant dans le sacrement de chrismation et d’autres consécrations : églises, autels, antimensions, icônes…

Chrismation (n.f.) : Un des sept principaux sacrements, conféré sous forme d’onction avec le saint chrême ; correspond à la confirmation dans l’Église romaine.

Cœur : Dans la spiritualité,  » cœur  » prend son sens sémitique et biblique : le centre de l’être de la personne, du corps, de l’âme et de l’esprit ; la totalité de la personne humaine.

Commun : Partie fixe ou invariable des offices, en lequel sont insérées les parties variables (ou propre) selon le jour, la fête etc.

Communion : Consommation des Saints Dons consacrés en Saint Corps et Précieux Sang du Christ pendant de la Liturgie, tel qu’institué et souhaité par le Seigneur lors de la Dernière Cène. Dans l’Église orthodoxe, la communion se fait toujours aux deux espèces, le Pain et le Vin. Le clergé communie séparément au Pain et au Vin, et la communion est donnée aux fidèles typiquement par le moyen d’une cuiller que le prêtre utilise pour prendre un morceau de Pain trempé dans le calice contenant le Vin.

Communion des Saints : L’Église au sens le plus large : l’union de l’Église terrestre – tous les fidèles vivants – et l’Église céleste – ceux qui sont déjà devant Dieu et qui intercèdent pour les vivants – indissolublement liées par l’Esprit-Saint dans une communion avec Dieu, qui s’exprime en particulier par la Divine Liturgie.

Complies (n.f.pl.) : Office par lequel on  » achève  » la journée, avant d’aller dormir.

Componction : État de l’âme où on se sent envahi par le repentir ; recueillement fait de tendresse et de douleur.

Confession : Action de  » se confesser « , de reconnaître son état de pécheur et d’avouer ses fautes ; ainsi, le sacrement par lequel les péchés sont absolus. Aussi  » confesser  » le Seigneur qui est bon, reconnaître sa miséricorde infinie.

Consécration : Terme employé pour la consécration d’une église. Aussi, les paroles de l’Institution de la Divine Liturgie. En ce qui concerne la sanctification des Saints Dons, voir Épiclèse.

Consentement : Dans les écrits ascétiques, prémices de l’état de péché, quand la pensée ou suggestion a vaincu la vigilance. Voir aussi métanoïa.

Consubstantiel (adj.) : (du latin consubstantia ; traduit le grec homoousios) De même substance. Se dit des trois personnes de la Sainte Trinité, l’une par rapport à l’autre.

Contemplation : (traduit le grec théoria) Sensation spirituelle de Dieu dans le cœur, au delà de la prière ; aboutissement et transfiguration de l’action, la praxis monastique.

Conversion : Action de se tourner vers Dieu, après s’être éloigné de lui. Traduit le grec métanoïa.

Cosmos (n.m.) : (grec,  » ordre, univers « ) L’univers comme création divine harmonieuse ; le péché y introduit le désordre, et il incombe à l’homme, par l’Incarnation du Christ, de ramener toute la création à la glorification de Dieu. Voir Ex nihilo.

Couleurs liturgiques : À chaque temps liturgique correspond une couleur qu’il est bon de suivre dans le cadre de la symbolique liturgique : or ou doré – temps liturgique quotidien ; bleu – fêtes de la Mère de Dieu ; blanc – temps pascal ; rouge – les martyrs et la Pentecôte ; couleurs sombres (violet ou noir) – temps du carême et défunts.

Coupoles : Dômes surmontant des églises orthodoxe. Une coupole sur le nef de l’église symbolise le ciel au-dessus de la terre ; cinq coupoles représentent le Christ et les quatre évangélistes.

Couronnement : Office du couronnement des époux, terme employé pour désigner le sacrement du mariage orthodoxe. Les couronnes signifient que chacun des époux est la couronne de l’autre, et aussi la couronnes des martyrs, thème important du rituel de mariage orthodoxe.

Credo : (latin  » je crois « ) Voir Symbole de foi.

Déesis ou Déisis (n.f.) : (grec  » prière, intercession « ) Intercession de la Mère de Dieu et des saints auprès du Seigneur tout-puissant. En iconographie, une série d’icônes placées au-dessus des portes royales de l’iconostase, représentent l’intercession de l’Église pour le salut du monde. La partie centrale de la déesis représente le Christ, généralement assis en gloire sur un trône, avec, à sa droite, la Mère de Dieu, et à sa gauche, saint Jean Baptiste ; les anges, les apôtres, les saints, les martyrs etc. suivent des deux côtés selon un ordre établi.

Déification ou Théosis (n.f.) : (du grec théosis) L’union entre l’homme et Dieu à laquelle l’homme est appelé, la participation à la nature divine (2 P 1,4) par la grâce et non par l’essence ou la nature ; la vocation de l’homme qui demande la libre coopération de l’homme (synergie) avec la grâce divine.

Désert : Dans le langage ascétique, un  » lieu inhabité « , qu’il soit un vrai désert, en montagne, en forêt etc., où a lieu le combat spirituel.

Diacre : (du grec diaconie,  » serviteur, service « ) Assistant de l’évêque ou du prêtre dans les offices et autres occasions solennelles. Le Diaconat est le premier des ordres majeurs et le diacre, qui est ordonné par l’évêque au cours d’une Divine Liturgie, fait partie du clergé.

Diaspora (n.f.) : (du grec) Dispersion des orthodoxes en dehors des pays de tradition orthodoxe, à l’instar de la dispersion des juifs en dehors de la Palestine, surtout après l’Exil et la destruction du Temple par les Romains.

Dikirion (et trikirion) : Petits chandeliers portant deux (et trois) cierges qui se croisent par leur milieu, utilisés par l’évêque pour bénir les fidèles ; ils représentent deux natures du Christ et le Dieu unique en trois Personnes.

Diptyques (n.m.pl.) : (du grec  » double tablette, plié en deux « ) Dans la Liturgie, liste des noms des vivants et des morts pour qui on prie spécialement ; aussi liste des chefs d’Église en communion avec le siège primatial d’une Église autocéphale.

Discernement : (du grec diacrisis) Charisme d’un père spirituel de discerner les esprits ou les motivations des enfants spirituels ou disciples.

Disque (n.m.) : Petit plateau servant à contenir les parcelles de pain eucharistique, correspondant à la patène dans l’Église romaine.

Dogmes : Doctrines ou enseignements fondamentaux de la foi sur lesquels est bâtie l’Église, exprimés notamment dans le Credo ou Symbole de Foi.

Dormition : S’endormir dans la mort ; employée surtout à propos de saints qui n’ont pas connu le martyre, et en particulier à la Mère de Dieu, dont la Dormition, une des douze grandes fêtes, est célébrée le 15 août.

Doxastikon (n.m.) : Stichère chanté après le  » Gloire au Père « .

Doxologie (n.f.) : (du grec doxa  » gloire « , et logos  » parole « ) Action de glorifier ou reconnaître la gloire ou la sainteté de Dieu ; formule liturgique, généralement trinitaire, de louange à Dieu et reconnaissance de sa gloire. Grande doxologie : Hymne chantée à la fin des matines solennelles.

Économe : Personne responsable de l’administration des aspects matériaux d’un monastère ou d’un diocèse.

Économie : (du grec oikonomia  » règle domestique, administration de la maison familiale « ) Dessein de Dieu pour le salut de l’humanité. Aussi dispositions que l’Église est amenée à adopter, face à certaines situations, dans l’application des règles et canons, selon le principe que la miséricorde a le pas sur la rigueur.

Écphonèse (n.f.) : (du grec  » à haute voix « ) Brève formule de doxologie trinitaire récitée à haute voix par le prêtre, à la fin d’une litanie prononcée par le diacre ou d’une prière récitée par le prêtre.

Écritures (Saintes) : Voir Bible.

Ecténie ou Litanie (n.f.) : (du grec  » qui est prolongé « ) Série de prières d’intercession et de supplication. Dans la Liturgie, on distingue plusieurs  » grandes ecténies « , ainsi que des  » petites ecténies « .

Église : (du grec, ekklesia,  » assemblée du peuple « ) Avec un minuscule, désigne généralement le bâtiment où a lieu l’office divin. Avec une majuscule, le rassemblement des hommes appelés par Dieu, ou encore la communauté chrétienne dans son ensemble, sur terre et au ciel, la Communion des Saints, le Corps du Christ, ayant à sa tête le Christ lui-même. Désigne aussi une communauté chrétienne composée d’un ou de plusieurs évêques et des fidèles qui leur sont rattachés, sous le principe de l’ecclésiologie de communion.

Eléousa (n.f.) : (du grec eleos  » miséricorde « ) Type d’icône de la Mère de Dieu dite  » Vierge de Tendresse « , où est exprimé un rapport de  » tendresse  » entre la divinité, représentée par le Christ Emmanuel, et le genre humain, représenté par la Mère de Dieu.

Énergie : (grec energeia) Qualité ou puissance d’un être ; plus particulièrement, puissances divines ou manifestation de Dieu dans la création, auxquelles l’homme est appelé à participer par la grâce. Voir Essence.

Enfer : (du latin  » lieu bas « ) Lieu ou plutôt état de ceux qui ne se repentiront pas de leurs péchés et refuseront l’amour de Dieu. Au pluriel,  » enfers « , le séjour des morts (grec : hadès ; hébreu : schéol), où est descendu le Christ pour sauver tous les hommes.

Enhypostasier : (du grec  » devenir hypostase « ) Vivifier en accordant l’existence personnelle, tel le Logos de Dieu, qui enhypostasie la nature humaine par son Incarnation.

Enkomia : Louange, surtout aux matines et le Samedi Saint.

Entrée : Procession du clergé qui entre dans le sanctuaire par les portes royales. Durant la Liturgie, la Petite Entrée se fait avec l’Évangéliaire, la Grand Entrée avec les Saints Dons ; durant les vêpres des dimanches et des fêtes, il y a une entrée pendant le chant de l’hymne du soir ( » Lumière joyeuse « ).

Épectase (n.m.) : (grec) Enseignement de certains Pères que l’état éternel des élus comporte soit une croissance sans cesse dans la béatitude, soit l’absence de satiété au sein même de la vision de Dieu.

Épiclèse (n.f.) : (grec  » invocation « ) Invocation à l’Esprit Saint, notamment pendant la Divine Liturgie, après les paroles de Institution de l’Eucharistie, pour qu’il opère le changement des Saints Dons en Corps et Sang du Christ ; tous les sacrements comportent une invocation à l’Esprit, une épiclèse, qui leur donne leur efficacité par la présence des énergies divines.

Épiphanie (n.f.) : (du grec epi  » au-dessus  » et phanes  » apparition « ). Manifestation de Dieu dans l’Ancien Testament ou le Nouveau Testament ; synonyme de Théophanie, mot utilisé plus fréquemment dans l’Orthodoxie.

Épitaphion ou Épitaphios (n.m.) : (du grec epi  » au-dessus  » et taphos  » tombeau « ) Étoffe brodée, icône de la mise au tombeau du Christ et des lamentations de la Mère de Dieu, saint Jean, Joseph d’Arimathie et Nicodème. Aussi prolongement de l’autel (symbolisant lui-même le tombeau du Christ ; les deux symboles se rejoignent) dans la nef de l’église, devant lequel les offices du Vendredi Saint et le Samedi Saint sont célébrés.

Épitimie (n.f.) : Pénitence à accomplir par le pénitent recevant l’absolution.

Épitrachilion (n.m.) : (du grec  » autour du cou « ) Étole propre au prêtre ; longue bande de tissu passée autour du cou, symbole de la grâce divine que le prêtre reçoit.

Épître : (du grec epistolè, latin epistola,  » lettre « ). Dans le Nouveau Testament, lettre écrite par un apôtre ou un disciple à des communautés de chrétiens ou à un autre disciple.

Épouse : La Vierge Marie comme épouse de Dieu ; aussi l’Église ou l’âme comme épouse du Christ.

Époux : Le Christ comme époux de l’Église, selon saint Paul (Ép 5,23) et de l’âme, selon la parabole de dix vierges (Ma 25,1-13).

Eschatologie (n.f.) : (du grec eskatos  » dernier  » et logos  » parole « ) Enseignement, doctrine ou référence sur les fins dernières de l’homme et du monde (mort, fin du monde, résurrection, jugement, vie éternelle).

Eschaton (n.m.) : (du grec eskata  » choses dernières « ) L’époque des derniers temps, de la victoire définitive du Christ sur le mal et la mort, du dernier jugement et du sort éternel des hommes.

Esprit : (grec noûs ; russe oum) En général, l’intelligence intuitive (l’intellect), distinct de l’intelligence discursive et rationnelle. Peut aussi se référer à l’Esprit Saint.

Essence : (grec ousia) L’être d’une chose, notamment l’être de Dieu, transcendant, incréé, inconnaissable et inaccessible à l’homme. Voir Énergie.

Éternité : Qualité divine qui dépasse les mesures humaines de temps et de durée ; hors du temps plutôt qu’un temps de durée illimitée.

Étole : (du lat. stola,  » robe « ) Ornement sacerdotal qui contour-ne le cou et descend le long du corps.

Eucharistie : (du grec eucharistia  » action de grâces, remerciement « ) Le sacrement par excellence de l’Église, institué par le Christ lors de la Sainte Cène, la veille de sa Passion et mort ; fondation même de l’Église, l’eucharistie est à la fois le rappel de l’unique sacrifice du Christ et son actualisation, la venue et la présence du Royaume de Dieu dans le temps présent.

Euchologe (n.m.) : Livre de prières à l’usage du prêtre, contenant le rituel de la Divine Liturgie et des sacrements, ainsi que d’autres rituels de l’Église.

Évangile : (du grec qui signifie « bonne nouvelle ». Cette bonne nouvelle est apportée par le Christ et transmis par les écrits inspirés par lui à ses disciples : Matthieu, Marc, Luc et Jean, écrits réunis en quatre livres ou Évangiles, racontant la vie de notre Seigneur et la  » bonne nouvelle  » du salut qu’il est venu annoncer. En vérité, l’Évangile, c’est Jésus Christ lui-même, Verbe de Dieu incarné, dont la mort et la résurrection annoncent la bonne nouvelle de la vie : le Royaume de Dieu.

Évangéliaire (n.m.) : Livre utilisé au cours des offices liturgiques contenant les Évangiles présentés en une succession de péricopes (passages), correspondant à chaque jour de l’année. L’Évangéliaire est placé en permanence au milieu de l’autel, sauf pendant la Petite Entrée, la lecture de l’Évangile et certains gestes spécifiques.

Évêque : (du grec epískopos  » qui veille sur « ) Chef ecclésiastique, à tous les échelons : archevêque, métropolite, patriarche.

Exapostilaire (n.m.) : (du grec  » mission « ) Tropaire précédant les Laudes après le canon des matines.

Exarque (n.m.) : Administrateur, normalement un évêque, d’une circonscription ecclésiastique (exarcat) en dehors des limites territoriales d’une Église autocéphale.

Ex nihilo : (latin,  » du rien « ) Dans la tradition judéo-chré-tienne, mode de création de l’univers de rien de pré-existant, ; à contraster à beaucoup de traditions philosophiques, où Dieu ou le Démiurge créé l’univers à partir d’une matière pré-existante, en fait éternelle, mais sans forme, le chaos primitif.

Exorcisme : Acte de chasser les démons par des prières, des formules et des actes rituels fixés par la liturgie, notamment dans le rituel du baptême. Dans l’Église orthodoxe, il n’existe pas de prêtres ayant cette fonction bien déterminée.

Fête/Grandes Fêtes : Célébration solennelle d’un événement de la vie du Seigneur ou de la Mère de Dieu, ou commémoration d’un saint. Pâques, la Résurrection du Christ, est la  » fête des fêtes « , et l’Église orthodoxe reconnaît douze autres grandes fêtes ; selon l’ordre de l’année liturgique : Nativité de la Mère de Dieu (8 septembre), Exaltation de la Croix (14 septembre), Entrée de la Mère de Dieu au Temple (21 novembre), Nativité du Christ (25 décembre) Théophanie ou Épiphanie (6 janvier), Présentation du Christ ou Sainte Rencontre (2 février), Annonciation (25 mars), Entrée du Christ à Jérusalem, Ascension et Pentecôte (selon le cycle pascal), Transfiguration du Christ (6 août), Dormition de la Mère de Dieu (15 août).

Fiançailles : Office au cours duquel les futurs époux échangent les anneaux en vue du mariage. Normalement les fiançailles précède immédiatement le mariage proprement dit (voir Couronnement).

Fol en Christ : (en russe, youródivye) Forme de sanctification, par laquelle un homme ou une femme se fait passer pour fou/folle, par amour pour le Christ, avec toutes les conséquences que cela entraîne.

Fraction (du Pain) : Geste après la consécration par lequel l’Agneau est séparé en quatre parties, avant la communion.

Génération, Engendré : En théologie trinitaire, exprime le rapport entre le Père et le Fils, tel que confessé dans le Symbole de Foi :  » Engendré, non créé « . Voir Monarchie, Monogène et Procession.

Gloire : (du latin gloria) Manifestation de la Sainteté et de la Puissance de Dieu, à laquelle l’homme est appelé à participer ; qualité mystérieuse, ineffable, indicible de Dieu aussi appelé  » lumière « , surtout par saint Jean.

Gnose (n.f.) : (du grec  » connaissance « ) Dans le langage ascétique, la connaissance ou l’expérience de Dieu ; aussi tentatives d’élucidation des mystères cachés de la foi par la spéculation philosophique, qui mena souvent à des conclusions et doctrines hérétiques, combattues par les Pères.

Grâce : (du latin gratia) Don de Dieu, qui nous communique sa divinité par ses énergies afin de nous rendre participants de la nature divine ; présence de Dieu en l’homme ; c’est la tâche de l’homme d’accepter le don de Dieu et de la mettre en œuvre. Voir Synergie.

Hadès (aussi Adès) (n.m.) : Au sens antique, dieu des enfers, lieu abyssal de la mort ; dans son sens chrétien, la mort personnifiée ou le royaume de la mort, vaincus par la mort et la résurrection du Christ. Voir aussi Enfer.

Hérésie : (du grec,  » choix, secte « ) Atteinte à la vérité de la foi ; enseignement condamné par l’Église, notamment par les Conciles œcuméniques.

Hésychasme (n.m.) : (du grec hésychia litt  » tranquillité, calme, repos, paix  » ; ainsi  » silence, recueillement, paix intérieure « ) Tradition ascétique et spirituelle, essentiellement monastique à l’origine, qui entend conduire l’homme à la paix intérieure pour l’ouvrir à la contemplation de Dieu ; souvent associé à la prière perpétuelle et à la pratique de la prière de Jésus et le thème principal de la Philocalie des Pères neptiques.

Hésychaste : Moine qui se voue à une vie de silence et de prière, en particulier la prière de Jésus, pour se libérer des passions et s’unir à Dieu.

Heures ou Prière des heures : Heures canoniales ; les grandes Heures sont vêpres et matines, les petites Heures sont Complies, Minuit, Prime, Tierce, Sexte et None.

Hétérodoxe (adj.) : Non orthodoxe, autre qu’orthodoxe.

Heures : Cycle des offices quotidiens : vêpres, complies, matines (office des nocturnes), prime, tierce, sexte, none ; les  » petites heures  » sont les quatre derniers offices.

Hexapsalme (n.m.) : Ensemble fixe de six psaumes (3, 37, 62, 87, 102 et 142) récités au début des matines.

Hiérarchie : (du grec  » ordre sacré) On trouve deux hiérarchies dans la littérateur chrétienne, céleste (ordres des anges) et ecclésiastique (ordres du sacerdoce ou de  » diaconie  » (service).

Hiérarque (n.m.) : (du grec  » chef des prêtres « ) Évêque, archevêque, métropolite ou patriarche.

Hiéromoine : (du grec hiéreus  » prêtre-sacrificateur « ) Moine-prêtre. Aussi hiérodiacre, moine-diacre.

Higoumène : (du grec higémeo  » diriger, gouverner « ) Abbé ou supérieur d’un monastère.

Hirmos (n.m.) : (du grec  » lien, suite, modèle  » ; pl. hirmi). Strophe ou tropaire servant de modèle musical et rythmique, en particulier au début des odes d’un canon ; dans les livres liturgiques, on les trouve normalement entre guillemets.

Hodighitria (n.f.) : (du grec odos  » chemin « )  » Celle qui montre le chemin  » Type d’icône de la Mère de Dieu qui montre le Christ Emmanuel, assis sur son bras, comme la route à suivre.

Horologe, Horologion (n.m.) : Livre liturgique qui comprend surtout l’ordinaire des différentes heures des Offices.

Huile Sainte : Sacrement de l’onction des malades, traditionnellement administré par sept prêtres (à la rigueur, un seul). L’office peut être célébré le soir du Mercredi Saint pour tous ceux qui désirent se préparer ainsi à la communion pascale.

Huitième jour : Jour d’entrée dans le Royaume, le monde à venir, en particulier, pendant la célébration de la Divine Liturgie le dimanche, qui est à la fois le premier jour et le huitième jour. Voir aussi Eschaton.

Hymne (n.f.) : Composition poétique patristique formée de plusieurs strophes régulières chantées sur une mélodie-type. Chacune des heures comporte une hymne caractéristique.

Hypakoï (n.f.) : (grec  » attention « ) Tropaire de cathisme utilisé le dimanche et lors de certaines fêtes, à écouter avec  » attention  » particulière et donc debout.

Hypapante (n.f.) : Fête de la  » Rencontre  » ou Présentation au Temple du Christ, célébrée le 2 février (40 jours après la Nativité, selon la Loi juive).

Hypostase (n.f.) : (du grec hypo  » au-dessus  » et stasis  » station, arrêt « ) Ce qui est propre à la personne, tandis que la nature est ce qui commun. Terme capitale dans la Christologie qui a permit à l’Église de dire que le Christ, Dieu-Homme, est une personne en deux natures.

Icône : (du grec eikona  » image « ) Image sacrée peinte (écrite) le plus souvent sur bois, représentant le Christ, la Mère de Dieu ou les saints, et dont les thèmes et l’exécution sont soumis à des canons ou règles. L’icône est un objet liturgique avant d’être une image décorative ; ainsi la vénération témoignée aux icônes est adressée à la personne représentée, à l’archétype ou prototype.

Iconoclasme : Proscription et destruction des images saintes. Désigne notamment la querelle des images dans l’Église d’Orient au VIIIe– et IXe siècles.

Iconographie : Art sacré de l’écriture des icônes, autrefois réservé aux moines.

Iconostase (n.f.) : Cloison typiquement à trois portes (portes saintes ou portes royales et portes diaconales), munie d’icônes, séparant le sanctuaire de la nef de l’église. Voir Déesis.

ICXC ou ISXS (en réalité, IS XS ) : Abréviation du grec IESOS XRISTOS, Jésus Christ (le  » C  » ou le  » S  » est fait le Sigma grec).

Ikos (n.m.) : (grec  » maison « ) Une série des strophes des anciens hymnes nommé  » kondakion  » ; seul le premier ikos survit dans l’actuel office des matines (sauf dans l’hymne acathiste, qui est un kondakion chanté en entier).

Illusion : (grec planê  » égarement  » ; russe, prélest  » charme « ) Dans les écrits ascétiques, désigne le faux charme, l’illusion spirituelle dans laquelle peut tomber celui qui cherche Dieu.

Image : (traduit le grec eikona) Dans l’anthropologie patristique, qualités divines innées de l’homme, en particulier l’existence personnelle et le libre-arbitre, qui ne peuvent être effacées en l’homme, même par le péché ; fondée sur Gn 1, 26. Réfère aussi au Christ, image du Dieu invisible (Col 1, 15). Voir Ressemblance.

Impassibilité : (grec apathéia). État spirituel consécutif à la victoire sur les passions, accordé à ceux qui vivent selon les commandements de Dieu et ouvrant la voie à hésychia (voir ce mot) et la prière pure.

Imposition des mains : Le rite essentiel des ordinations, notamment dans l’ordre sacerdotale (diacre, prêtre, évêque). Aussi le prêtre impose la main sur le candidat au baptême et le pénitent en lui donnant l’absolution.

Imposition du nom : Se fait en principe le huitième jours après la naissance, dans le vestibule de l’église.

Incarnation : Mystère centrale de la foi chrétienne, la prise d’un corps et d’une âme humaines par le Fils de Dieu, Deuxième Personne de la sainte Trinité, en la personne de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Incorruptibilité : Condition de ceux dont le corps est demeuré sans corruption après la mort, notamment le Christ, ainsi que certains saints moines et ascètes.

Ineffable (adj.), Ineffablement (adv.) : De façon telle qu’on ne trouve pas les mots pour l’exprimer.

Inhabitation (n.f.) : La présence ou  » habitation  » du Dieu Trinité dans chaque personne, présence visible surtout chez les grands saints.

Initiation chrétienne : Accession à l’Église par les sacrements du baptême, chrismation et eucharistie ; peut comprendre aussi prière sur la mère le jour de sa délivrance, imposition du nom et introduction dans l’église.

Innascibilité (n.f.) : (du latin,  » non-né « ) En théologie trinitaire, exprime la qualité du Père à qui aucune origine n’est attribuée, mais qui est l’origine du Fils et de l’Esprit Saint. Voir Génération, Monarchie et Procession.

Institution : Dans son sens liturgique, le récit de la Sainte Cène, notamment le paroles du Christ (Ma 26,26-28), prononcées par le prêtre pendant l’offrande eucharistique.

Intellect, intelligence : Voir Esprit.

Introduction dans l’église : Rite de présentation du nouveau-né dans l’église, accompli le quarantième jour après la naissance, en même temps que les relevailles de la mère.

Invitatoire (n.m.) : Extrait du Psaume 94 (Venez, adorons, prosternons-nous), développé en trois versets dont la fin est différente et qui se dit en début d’office pour inviter à la prière psalmique.

Isodikon (n.m.) : Chant de la petite entrée de la Divine Liturgie.

Israël : Nom donné à Jacob après sa lutte avec l’Ange (Gn 32,29) et par extension au peuple juif, le peuple choisi ; avec l’avènement du Christ, réfère à l’Église et au peuple de la Nouvelle Alliance.

Juridiction (n.m.) : Désigne l’autorité pastorale souveraine exercée au sein d’une Église orthodoxe.

Kairos (n.m.) : (grec,  » temps ou lieu convenable « ) Temps approprié d’agir, ainsi l’invitation du diacre au prêtre au début de la Liturgie des catéchumènes :  » Voici le temps d’agir pour le Seigneur « .

Kénose (n.f.) : (du grec  » se vider, s’anéantir « ) L’abaissement volontaire du Verbe de Dieu en prenant la condition humaine, afin d’effectuer le plan du salut de l’homme ; aussi, le dépouillement du chrétien en acceptant de porter sa croix avec le Christ.

Kalimafkion : Voir Calimavkhion.

Klobouk : Voir Calimavkhion.

Koïnonia (n.f.) : Terme grec utilisé notamment dans les Actes des Apôtres pour caractériser la vie et l’esprit de la première Église de Jérusalem ; signifie la communion ou la communauté des fidèles.

Komvoskhinion ou Komvologhion (n.m.) : (grec,  » cordon à nœuds « ) Voir Chapelet.

Kondak ou Kondakion (pl. Kondakia) (n.m.) : Hymne qui se place après la sixième ode du canon des matines, repris pendant la Divine Liturgie. À l’origine, première forme accomplie de composition poétique liturgique de l’ancienne Byzance, créée par saint Romain le Mélode (VIe siècle).

Lance : Petit couteau liturgique utilisé pour inciser et couper les prosphores de la Liturgie, prenant son nom de la lance dont s’est servi le soldat pour percer le côté du Christ (Jn 19,34).

Laudes (n.f.pl.) : (du latin laudare  » louer « ) Ensemble composé par les psaumes 148, 149 et 150, placés à la fin des matines. Les jours des fêtes, des stichères sont intercalés entre les derniers versets.

Laure (n.f.) : Un grand monastère ou ensemble de monastères gouvernés par un seul higoumène ou archimandrite.

Litanie : Voir Ecténie.

Litie (n.f.) : Prières de supplication dites aux vêpres des fêtes ; aussi les stichères chantés lors d’une procession, ainsi que la procession elle-même.

Liturgie (Divine) : (du grec leitourgia  » fonction publique, œuvre du peuple « ) Prière sociale de l’Église, d’abord la célébration de l’Eucharistie, avec la consécration des Saints Dons et la communion au Saint Corps et Précieux Sang du Christ. Les principales liturgies sont : Liturgie de saint Jean Chrysostome (liturgie habituelle) ; Liturgie de saint Basile (célébrée notamment la Fête de Saint Basile, les dimanches du Grand Carême, le Jeudi Saint et le Samedi Saint) ; et la Liturgie des Présanctifiés (en semaine pendant le Grand Carême). La Liturgie de saint Jacques est la liturgie de l’Église de Jérusalem et elle peut être célébrée ailleurs le jour de sa fête. La Liturgie de saint Marc est celle de l’Église d’Alexandrie. La Liturgie de saint Germain de Paris, une reconstitution de l’ancienne Liturgie des Gaules, est célébrée dans certaines paroisses en France et en Belgique.  » Liturgie  » et  » liturgique  » se rapportent aussi aux autres sacrements et aux offices divins.

Liturgie des Catéchumènes : La première partie de la Divine Liturgie, appelée aussi la Liturgie de la Parole, centrée essentiellement sur la louange de Dieu, l’écoute de la Parole et l’intercession. Autrefois, tous étaient admis à y participer, y compris les catéchumènes se préparant à recevoir le baptême.

Liturgie des Fidèles : La deuxième partie de la Divine Liturgie, appelée aussi la Liturgie de l’Offrande ou du sacrifice, centrée sur la célébration du mystère eucharistique, autrefois réservée aux seuls fidèles (les baptisés).

Logos (n.m.) : (grec  » parole, verbe « ) Le Verbe de Dieu ; désigne le Christ (Jn 1,1).

Lucernaire (n.m.) : (du latin, lucerna,  » lampe « ) Partie centrale des vêpres, où l’on allumait les lampes de l’église (d’où son nom), comprenant les psaumes 140, 141, 129 et 116, avec des stichères intercalés entre les derniers versets.

Lumière : Nom ou attribut divin, par exemple lors de la Transfiguration et dans l’expérience des saints hésychastes. Voir Gloire.

Lumière joyeuse : (en grec, phos hilaron) Hymne du soir chantée aux vêpres, composée au IIe siècle par saint Athénogène.

Mandylion (n.m.) : (grec :  » petit manteau, tissu « ) Icône avec le visage du Christ.

Matines (n.f.pl.) : Office matinal, célébré avant le lever du soleil ; appelé aussi Orthros.

Méditation : Soin, attention et exercice de l’attention.

Mégalinaire (n.m.) : (du grec  » magnifier « ) Refrain chanté entre les tropaires de la neuvième ode des matines ; plus spécifiquement, hymne de la Divine Liturgie chantée en honneur de la Mère de Dieu après l’épiclèse.

Ménée (n.m.) : (du grec  » livre du mois « ) Livres liturgiques, souvent un pour chaque mois, contenant les parties variables des offices des fêtes fixes de l’année liturgique (pour le cycle pascal, voir Triode).

Ménologe (n.m.) : Recueil contenant les vies des saints classées par mois et jour d’après la date de la célébration de leur fête ; voir aussi Synaxaire.

Métanie (n.f.) : (du grec métanoïa  » repentir, pénitence « ) Inclination profonde du buste (petite métanie) ou prosternation jusqu’à terre (grande métanie), suivi d’un signe de croix. Une petite métanie est accompagnée d’un geste de la main droite qui touche la terre, en signe d’humilité. On ne fait pas la grande métanie pendant la liturgie du dimanche, mais on peut la faire à certains moments pendant les liturgies en semaine, ainsi qu’aux offices du Grand Carême.

Métanoïa (n.f.) : (grec  » pénitence, conversion, repentir « . L’action de l’esprit qui se détourne du monde pour aller vers Dieu, dans une profonde attitude de reconnaissance de ses péchés et ses faiblesses et de la miséricorde divine.

Métropolite : (grec : metropolis  » capitale « ) Généralement, évêque de la capitale (ville principale ou métropole) d’une province ecclésiastique (métropolie), surtout dans l’Église orthodoxe russe. Aussi archevêque dans certaines Églises ou chef de quelques Églises autocéphales.

Microcosme : (du grec,  » petit cosmos « ) Condition centrale de l’homme dans la création, composé d’éléments matériels (minéral, végétale et animale) et spirituel (angélique), possédant des qualités divines ainsi que le désir de l’éternité. Voir aussi Image et Ressemblance.

Miséricorde : Qualité divine qui comprend à la fois tendresse, pardon, patience, compassion, fidélité, bonté, grâce, clémence. La  » pitié  » que nous demandons de Dieu est en fait une supplication de sa miséricorde infinie.

Molében (n.m.) : Office slave d’intercession pour un ou plusieurs vivants, bien portants ou malades.

Monarchie : (du grec,  » un seul principe « ) En théologie trinitaire, exprime la qualité du Père comme source unique et personnelle de la divinité, seule origine éternelle du Fils et de l’Esprit Saint. Voir aussi Génération et Procession.

Monogène (n.m.) : (du grec,  » unique enfant « ) Réfère au Logos, le Fils unique de Dieu Cf. le chant de la Divine Liturgie qui porte ce nom, attribué au patriarche Sévère d’Antioche et qui aurait été introduite dans la Liturgie byzantine par l’empereur Justinien.

Monophysisme (n.m.) : (du grec mono  » un, seul  » et physis  » nature « ) Hérésie reconnaissant une seule nature au Christ, la divine. Les Églises monophysites (coptes, arméniennes, éthiopiennes et syrienne-jacobites) sont celles qui n’ont pas accepté les décisions du concile œcuménique de Chalcédoine (451).

Monothélétisme (n.m.) : (du grec mono  » un, seul  » et theletis  » volonté « ) Hérésie qui n’accorde au Christ qu’une seule volonté.

Mont Athos : Haut-lieu de la spiritualité orthodoxe depuis le Xe siècle, où sont situés vingt monastères sur la péninsule de Akti, au nord de la Grèce, dominée par le Mont Athos (Agion oros en grec, la  » Sainte Montagne « ).

Myron (n.m.) : Synonyme de Saint chrême.

Myrophores (n.m. ou f., aussi adj.) : Les femmes porteuses de parfum au tombeau du Christ (cf. Mc 16,1-2), commémorées le troisième dimanche de Pâques ; désigne aussi Nicodème et Joseph d’Arimathie, par exemple sur l’épitaphios.

Myrrhe (n.f.) : Résine odorante fournie par un arbre d’Arabie, aromate utilisé pour oindre le corps d’un mort. Les textes liturgiques voient dans le présent de la myrrhe offerte par les Mages au Messie à Bethléem un symbole de la passion du Seigneur et du don de l’immortalité aux hommes.

Mystagogique (adj.) : Du grec,  » qui se rapportent aux mystères « , c’est-à-dire les sacrements ; enseignement sur les sacrements destiné avant tout aux néophytes.

Mystère : Vérités de foi inaccessibles à la raison, en particulier la réalité divine révélée par les Écritures, à laquelle nous sommes appelés à participer par la grâce. Désigne aussi les principaux événements de l’Incarnation du Christ, sa mort et sa Résurrection, ainsi que les sacrements, notamment l’eucharistie.

Néophyte : (du grec  » nouvelle plante « ) Nouveau baptisé, notamment dans l’Église des premiers siècles.

Neptique (adj.) : (du grec nepsis  » attention « ) Voir Vigilance.

None (n.m.) : La neuvième heure, office célébré vers 15 heures.

Obédience (n.f.) : Travail ou service accompli par un moine.

Octave (n.f.) : Période de prolongement de célébration d’une grande fête, pouvant variée d’un à huit jours, selon la fête.

Octoèque (n.m.) : D’abord système des huit tons musicaux byzantins, puis livre liturgique qui regroupe les textes variables sur une période de huit semaines selon les huit tons.

Ode (n.f.) : Un des neuf cantiques bibliques faisant partie du canon de l’office des matines. Désigne aussi un ensemble de tropaires consacrés à la fête ou au saint du jour ; dans la pratique actuelle, les odes bibliques sont le plus souvent omises et le canon est réduite aux seuls tropaires.

Omophore (n.m.) : (du grec  » qui se porte sur les épaules « ) Longue et large bande d’étoffe, ornée de quatre croix, porté par l’évêque en symbole de son rôle de bon pasteur, portant la brebis égarée pour la ramener vers le Père.  » Sous l’omophore « , par extension, sous la juridiction d’un évêque.

Ontologique : (du grec ontos  » être  » et logos  » parole  » Ce qui a trait à ou relève de l’être, de l’essence.

Orarion (n.m.) : (du latin orare  » prier « ) Étole du diacre ; une bande étroite de tissu, passée sur l’épaule gauche et qui tombe en long pan devant et derrière. Le diacre le tient élevé lorsqu’il invite les fidèles à la prière.

Ordo (n.m.) : (latin,  » ordre « ) Ensemble de règles permanentes à suivre pour la célébration des offices, contenu dans le Typicon, selon les cycles journalier, hebdomadaire et annuel ; il expose la structure, les prières, hymnes et textes, comment coordonner les offices des fêtes etc.

Orthodoxe (adj. et n.) : (du grec  » juste glorification « ) Ce qui est conforme à la véritable foi ou celui qui professe la vraie foi de l’Église, notamment celle du Concile œcuménique de Chalcédoine sur les deux natures du Christ et plus tard, la doctrine du culte des icônes. Désigne une Église qui est restée fidèle aux doctrines de sept Conciles œcuméniques après la scission de 1054 entre l’Orient et l’Occident, ainsi que les membres de ces Églises.

Orthros (n.m.) : (grec  » lever du soleil, aurore « ) Office des matines.

Palladium (n.m.) : Image protectrice, sanctuaire protecteur.

Pannikhide (n.f.) : (du grec  » nuit entière « ) Courte office en commémoration des défunts orthodoxes, souvent célébré entre le décès et les funérailles et aussi les 3e, 7e et 40e jours après le décès et aux anniversaires ; cet office était, à l’origine, la veillée de prière avant l’inhumation.

Pantocrator (n.m.) : (du grec  » tout-puissant, maître de toutes choses « ) Type d’icône du Christ qui manifeste la Majesté divine du Créateur et Sauveur. Le Christ est généralement assis sur un trône de gloire (souvent seul le buste et les mains sont représentés) ; il bénit de la main droite et tient dans la main gauche un livre, soit fermé ou si ouvert, avec des versets évangéliques. Voir aussi Déesis.

Pâque, Pâques (n.f.) : Au singulier, la fête juive commémorant la passage de l’ange qui fit périr les premiers-nés d’Égypte et le passage de la Mer Rouge, ainsi que la Pâque célébrée par le Christ avec ses disciples ; au pluriel, la fête chrétienne de la Résurrection du Christ.

Paraclisis (n.f.) : (grec,  » intercession, consolation « ) Office pour la guérison des âmes et des corps, en période d’affliction ou de péril.

Paraclitique (n.m.) : Livre liturgique réunissant l’octèque dominical et l’octoèque de semaine.

Parousie (n.f.) : (du grec,  » présence, arrivée, avènement « ) Retour glorieux du Christ à la fin des temps, en vue du jugement universel. L’Église attend la seconde venue du Seigneur, mais il ne convient pas de spéculer sur la date ou la manière de cette venue.

Paskha (n.f.) : Dans la tradition slave, gâteau pascal en forme de pyramide fait de fromage blanc, de crème, de vanille, de raisins et de fruits confits.

Passion (n.f.) : (du latin, patior,  » souffrir « ) Dans le langage ascétique, la passion est un état pécheur, ou une maladie de l’esprit, profondément ancrée dans l’âme et résultant d’une suite de consentements données à de mauvaises pensées. Les Pères identifient généralement huit passions principales : gourmandise, avarice, fornication, colère, tristesse, acédie (paresse ou oisiveté spirituelle), vaine gloire et orgueil, cette dernière étant considérée la  » reine des passions « .

Patène (n.f.) : (en grec diskos  » disque « ) Petit plat rond métallique, supporté par un pied, ou sont déposés la partie de prosphore appelée agneau, ainsi que les parcelles des saints, des vivants et des défunts.

Paterikon (n.m.) : Recueil de sentences des plus grands pères du monachisme, à lire à la table des moines et en carême.

Patriarche (n.m.) : Titre des premiers hiérarques des quatre Églises orientales autocéphales les plus anciennes (Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem), et de quatre plus récentes (Moscou, Belgrade, Bucarest et Sofia). Aussi les Patriarches de l’Ancien Testament, commémorés les deux dimanches avant Noël. Patriarcat : Dignité ou fonction de patriarche ; aussi territoire où s’exerce son ministère.

Pénitence (n.f.) : Conversion du pécheur. Voir Métanoïa. Désigne aussi le sacrement de la pénitence, ainsi la tâche que le prêtre confesseur peut demander au pénitent d’accomplir.

Pensée (n.f.) : (grec logismoi ; russe pomysl) Dans le langage ascétique, la  » forme  » que prend dans le champ de la conscience une influence démoniaque tendant vers le péché ou, parfois, l’action bénéfique de la grâce. Voir Consentement, Réfutation, Suggestion.

Pentecostaire (n.m.) : Livre liturgique contenant les offices liturgiques de la  » cinquantaine  » qui va de Pâques à la Pentecôte, et par prolongement jusqu’au dimanche suivant, le dimanche de Tous les Saints.

Pères : Désigne les Pères de l’Église, ceux reconnus par l’Église qui ont défendu la vraie foi lors des controverses théologiques et qui ont fidèlement transmise la vraie foi ; aussi les Pères du désert, les premiers moines chrétiens, qui dès le IVe siècle, ont mené le combat spirituel dans les déserts d’Égypte et de la Palestine et par extension, tous les Pères ascétiques qui les ont suivis. On appelle  » père  » un prêtre, un diacre et aussi un moine non-ordonné qui a prononcé ses vœux monastiques.

Péricope (n.f.) : (du grec,  » diviser en parts « ) Versets sélectionnés de la Bible dont la lecture est assignée à un jour, à un office.

Périchorèse : (du grec  » interpénétration, réciprocité « ) Perpétuel mouvement d’amour et inhabitation ou interpénétration des personnes de la Sainte Trinité.

Personne (n.f.) : (du latin persona  » masque, personnage, caractère, personnalité  » ; correspond au grec hypostasis ; en français,  » hypostase « ) En théologie, une des trois hypostases de la sainte Trinité. Dans la spiritualité, le fondement, l’essentiel unique et mystérieux de chaque être humain, créé à l’image de Dieu et appelé à la ressemblance divine, à la connaissance de Dieu dans une communion d’amour, à la déification, en se conformant à la volonté divine. La vraie personne n’existe qu’en relation, d’abord avec Dieu, mais aussi avec d’autres personnes humaines.

Phélonion (n.m.) : Chasuble du prêtre, signe de la gloire qui l’enveloppe.

Philocalie (n.f.) : (du grec  » amour de la beauté  » ; en slavon dobrotolioubié) Recueil de textes patristiques, notamment celui publié par Saint Nicodème l’Athonite en grec en 1782, se rapportant surtout à la théorie et la pratique de la prière hésychaste.

Pneumatique ou Pneumatophore (adj. ou n.m.) : (du grec pneuma,  » souffle  » ou  » esprit « ) Inspiré de l’esprit, doué de charismes, prophète, celui qui est un  » spirituel « . Voir Psychique.

Pokrov (n.m.) : (slavon) Protection et intercession de la Mère de Dieu, fêtée le 1er octobre.

Polyeleos (n.m.) : (grec  » nombreuses miséricordes « ) Psaumes 134, 135 et 136 chantés aux matines des dimanches et des grandes fêtes ; le Psaume 135 répète à l’envie le refrain Sa miséricorde est éternelle.

Pontife (n.m.) : Évêque ; pontifical, se rapportant à l’évêque.

Portes saintes (parfois aussi, Portes royales) : Porte à double battant au milieu de l’iconostase pour le passage des célébrants durant les offices ; elles sont normalement ornées d’icônes de l’Annonciation et des quatre Évangélistes. Les Portes royales étaient les portes par lesquelles entrait l’Empereur.

Praxis, Pratique : (grec praxis) Action du moine ou de tout chrétien sur lui-même.

Présanctifiés : Saints Dons sanctifiés (consacrés) à l’avance ; aussi la Liturgie des Présanctifiés, célébrée pendant le Grand Carême, composée de l’office des vêpres suivi de la communion aux Saints Dons consacrés le dimanche précédant. Voir Liturgie.

Prière du Cœur : Dans les écrits spirituelles, désigne l’unification de l’intelligence (le noûs) avec le cœur dans la prière profonde ; appelé aussi  » prière spirituelle  » ou  » prière mystique  » et généralement considérée comme un don gratuit de Dieu, au-delà des efforts humains.

Prière de Jésus : Prière d’invocation du Saint Nom de Jésus. La formule habituelle dans la spiritualité hésychaste est : Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.

Prime (n.f.) : La première des petites heures, l’office célébré vers 7 heures.

Primus inter pares : (Latin,  » premier entre les égaux « ) Titre autrefois attribué au pape de Rome, actuellement au patriarche de Constantinople.

Procession, Procéder : En théologie trinitaire, exprime le rapport entre le Père et le Saint Esprit, qui provient du Père, de qui il tient son origine, en contraste à la Génération, qui caractérise le rapport entre le Père et le Fils, tel qu’exprimé dans le Symbole de foi :  » …en l’Esprit Saint,… qui procède du Père « . Voir aussi Monarchie. Aussi, marche solennelle pendant les offices, par exemple la Petite Entrée et la Grande Entrée de la Divine Liturgie, parfois aussi avec les fidèles, par exemple au début de l’office pascal.

Prokimenon (pl. Prokimena) (n.m.) : (grec  » ce qui est placé avant « ) Versets des psaumes, habituellement chantés en alternance avant une lecture biblique (durant la Divine Liturgie, avant l’Épître).

Propre (n.m.) : Parties variables des offices ou textes spécifiques aux fêtes et temps liturgiques. Voir commun.

Proscomédie (n.f.), Prothèse ou Préparation : (du grec pros  » à l’avance  » et komeo  » préparer un repas « ) Office de la Préparation des Saints Dons, c’est-à-dire le pain et le vin, pour la célébration eucharistique. Cet office se déroule au début de la Liturgie, à la table de préparation ou prothèse, dans un espace latéral du côté nord du sanctuaire. Il rappelle symboliquement la naissance du Seigneur dans la grotte de Bethléem et sa mort sacrificielle sur la Croix.

Prosphore (n.f.) : (grec :  » offrande « ) Pain levé pour la célébration eucharistique : un pain rond en deux parties superposées (symbole des deux natures du Christ) et marqué d’une croix et de l’inscription ISXS NIKA ( » Jésus Christ vainqueur « ). Une seule grande prosphore ou cinq petites peuvent servir pour le Divine Liturgie. Dans l’usage slave, les fidèles peuvent offrir une prosphore, qui leur est rendue une fois bénies, avec leurs diptyques avant la Liturgie.

Prothèse (n.f.) : Voir Proscomédie. Désigne aussi la table où s’accomplit le rite de la Préparation.

Prototype (n.m.) : Modèle d’une icône : le Christ, la Mère de Dieu, Saint ou Sainte, et à qui s’adresse la vénération accordée à l’icône par le fidèle.

Psautier (n.m.) : Livre des Psaumes, divisé en 20 cathismes pour la lecture courant aux vêpres et aux matines.

Psychique (n.m.) : Dans le langage ascétique, attaché à la vie terrestre ; propre à l’homme privé de la grâce du Saint-Esprit, ce qui le ravale au rang de l’animal. Voir Pneumatique.

Puissance : (grec dynamis) Mouvement qui porte l’Incréé vers le créé, ou mouvement du créé vers l’Incréé ; la Puissance de Dieu désigne le Christ.

Puissances : Les puissances des cieux, les armées des anges ; aussi le sixième ordre dans la hiérarchie des anges, selon Denys l’Aéropagite.

Raison : Partie de l’âme, médiation qui unit le créé à l’Incréé, ou réflexion du créé sur lui-même.

Rason ou Rasson (n.m.) : Manteau noir monastique à larges manches donné au novice qui devient alors  » moine rasophore « , un  » débutant  » dans la vie monastique.

Recteur : Prêtre chargé d’une paroisse.

Réfutation : Premier mouvement du combat spirituel, le rejet des suggestions ou pensées démoniaques.

Règle (de prière) : Cadre de prière que s’assigne le moine ou tout chrétien.

Relevailles (n.f.pl.) : Retour d’une femme à l’église après qu’elle s’est relevée de ses couches, le quarantième jour. Le rite se fait habituellement en même temps que la présentation de l’enfant.

Renouveau : Semaine de Pâques, le renouveau de la création dans la Résurrection du Christ.

Repentance, Repentir : Mots utilisés pour exprimer la métanoïa et aussi le sacrement de la pénitence ou confession.

Ressemblance : Dans l’anthropologie chrétienne, l’identité ultime de l’homme, l’achèvement du plan de Dieu par la déification (théosis).

Sabellianisme : Enseignement hérétique, une forme de modalisme, de Sabellius au IIIe siècle, selon lequel le Père, le Fils et l’Esprit Saint ne sont pas trois personnes divines distinctes, mais simplement des  » modes  » ou des  » aspects  » différents de la Divinité, manifestés à l’homme à différents moments selon les circonstances.

Sacerdoce : (du latin  » se rapportant à la prêtrise « ) Le Christ est le seul Grand Prêtre et tout exercice du ministère de prêtre se fait en rapport au sacerdoce du Christ. Les évêques, successeurs des apôtres, exercent la fonction sacerdotale dans une communauté déterminée ; les prêtres et les diacres sont leurs délégués. Tout fidèle a un rôle sacerdotale dans le sens de l’offrande de sa vie, de son entourage et de toute la création à Dieu.

Sacrement : (en grec mystêria) Acte rituel servant à la sanctification des fidèles, rendu efficace par l’action de l’Esprit Saint, chaque sacrement étant un mystère unique de l’Église, dans lequel Dieu partage la vie divine avec l’humanité. L’Église orthodoxe, de même que l’Église romaine mais avec des différences importantes quant à la forme et à l’usage, reconnaît sept principaux sacrements : le baptême, la chrismation, l’eucharistie ou la communion, la pénitence (confession et absolution), l’ordre (ordination à la prêtrise), le mariage et l’onction des malades. D’autres rites sacrés sont aussi considérés comme sacrements, notamment la profession monastique, les funérailles, la consécration d’une église, de l’autel et du saint chrême.

Sacramentaux : Signes sensibles institués par l’Église en vue d’obtenir des grâces de Dieu, par exemple l’eau bénite, l’encens etc.

Salut : (du latin,  » sauf « ) Ré-ouverture par le Christ, par son Incarnation, sa Mort et sa Résurrection, à l’homme la voie de l’union avec Dieu (Théosis ou Déification), rendue nécessaire suite à l’introduction dans la création du péché et de la mort, qui sont la séparation d’avec Dieu.

Sanctoral : Ensemble des chants et textes variables ou propre des fêtes des saints, se trouvant surtout dans les Ménées.

Sanctus : (latin  » saint « ) Chant juste avant la prière de l’oblation de la Liturgie, qui rappelle la louange incessante des anges : Saint, Saint, Saint le Seigneur Sabaoth. Le ciel et la terre sont emplis de ta gloire. Hosanna dans les lieux très hauts. Béni est celui qui vient au Nom du Seigneur. (Cf. Is 6,1-3 et Ap 4,8).

Saint : La sainteté est un attribut fondamental de Dieu. L’homme, créé à l’image de Dieu, est appelé à la sainteté. Dans l’Église primitive, les saints étaient les baptisés qui vivaient dans l’esprit évangélique. De nos jours, les saints sont ceux reconnus par l’Église qui ont atteints, dans cette vie, à un degré important de participation à la sainteté de Dieu et qui intercèdent pour les vivants devant Dieu.

Saint des Saints : Autre nom pour le sanctuaire d’une église, à l’instar du Temple de Jérusalem.

Sainte Montagne : Voir Mont Athos.

Sainte Sophie : La Sagesse divine. L’Église de Sainte-Sophie de Constantinople était l’Église impériale de l’Empire byzantin, construite au VIe siècle par l’Empereur Justinien ; sous les Turcs, elle est devenue une mosquée, puis, avec l’état séculier des années 20, un musée.

Saints Dons : Le pain et le vin qui au cours de la Liturgie sont offerts à Dieu, changés par l’Esprit Saint en Corps et Sang du Christ et donnés en communion aux fidèles.

Sanctuaire : (du latin  » lieu saint « ) Partie de l’église où est situé l’autel, donc à l’intérieur de l’iconostase ; aussi tout l’édifice de l’église.

Schisme : (du grec  » séparation « ) Séparation d’une partie de l’Église, qui n’implique pas nécessairement une question de dogme ;  » le grand Schisme  » désigne la séparation entre l’Église d’Occident et l’Église d’Orient, formellement en 1054.

Skoufa et Skoufos : Voir Calimavkhion.

Septante (n.f.) : (litt.  » soixante-dix « ) Traduction grecque de l’Ancien Testament, faite à Alexandrie au IIIe troisième siècle avant Jésus-Christ, qui est utilisée, retraduite dans d’autres langues, dans la plupart des Églises orthodoxes.

Sexte (n.f.) : La sixième heure, office célébré vers midi.

Signe de Croix : Geste commémoratif de la Croix de la Passion du Christ, ainsi que de la Sainte Trinité, fait de la main droite touchant successivement le front, l’abdomen, l’épaule droite et l’épaule gauche. Le mouvement du haut vers le bas peut signifier aussi  » que la connaissance descend dans le cœur « , et de droite à gauche,  » que la justice (droite) passe d’abord mais la miséricorde (gauche) a le dernier mot  » ou encore  » qu’au Jugement Dernier je sois à la droite du Christ et non à sa gauche « .

Skhima ou Schème (n.m.) : Habit monastique. Le grand schème est l’insigne de l’échelon monastique le plus élevé.

Skite (n.m.) : Habitation monastique ou groupement d’habitations occupées par un ou quelques moines.

Simandre (n.m.) : Planche de bois sur laquelle on frappe, habituellement avec un marteau de bois, dans un monastère pour annoncer les offices.

Slavon (n.m.) : Langue liturgique établie par saints Cyrille et Méthode au Xe siècle, utilisée par les Églises de Russie, Bulgarie et Serbie.

Sobornost (n.m.) : (russe, sobor,  » réunion, collégialité « ) Ensemble des croyants. Catholicité au sens premier et fondamental de ce terme.

Sobriété : Voir Vigilance.

Solea (n.f.) : (du latin  » plancher, sol « ) Partie surélevée de quelques marches devant l’iconostase d’une église.

Sotériologie (n.f.) : (du grec, sôteria,  » salut « ) Doctrine du salut, de rédemption.

Subordinatianisme : Enseignement, présent déjà chez Origène et plus particulièrement souvent chez les Gnostiques et les Manichéistes, qui perçoivent la Trinité comme une hiérarchie de personnes, le Fils et l’Esprit Saint étant subordonnés au Père et inférieurs à lui, .

Surressentiel, Super-essentiel : Traduction du grec hyperousios,  » au-delà de l’essence « . Dans la théologie apophatique, en particulier chez le pseudo-Denys l’Aéropagite, indique que Dieu dépasse toute idée ou concept humains, même celui de l’être ou de l’essence, ce qui renvoie au Dieu vivant, plutôt qu’au Dieu des philosophes.

Stavrothéotokion (n.m.) : Tropaire ou stichère en l’honneur de la Croix et de la Mère de Dieu, qui remplace le théotokion habituel chaque fois que l’on célèbre la Croix.

Starets (n.m.) : (du russe,  » vieillard  » ; en grec, géron) Moine qui a passé sa vie dans l’ascèse, pouvant donner des conseils en tant que père spirituel. Féminin, Staritsa.

Sticharion (n.m.) : Aube liturgique ; une longue tunique portée sur la soutane.

Stichère (n.m.) : Originellement versets de psaumes, puis strophes intercalées entre les derniers versets des psaumes aux vêpres et aux matines.

Stichologie (n.f.) : Lecture continue du Psautier, à vêpres et à matines.

Suggestion : (grec prosbolè  » lancer vers « ) Atteinte à la vigilance, agression des pensées du mal. Voir Pensée, Consentement et Réfutation.

Surressentiel ou superessentiel (adj.) : (grec hyperousios) Ce qui est plus haut que l’être, ce qui renvoie au Dieu vivant.

Symbole : (du grec sumbolon  » signe, marque « ) Une réalité dans le monde visible qui correspond à une autre réalité au-delà de ce qui est représenté ; le symbole liturgique est un signe qui pointe vers la vérité originelle qui ne peut être atteinte sans lui. Le symbole n’est jamais déchiffré une fois pour toutes, mais est une réalité vivante qui nous transforme, qui unit le créé à l’incréé, le visible à l’invisible ; au contraire, le  » dia-bole « , ou diable, est ce qui divise.

Symbole de foi : Aussi appelé Credo. Formulation ou profession de la foi chrétienne. Le Symbole de Nicée-Constantinople, le plus utilisé dans l’Église orthodoxe et qui remonte aux Conciles de Nicée en 325 et de Constantinople en 381, est intégré à la célébration eucharistique.

Synaxaire (n.m.) : Livre annonçant la synaxe, ou fête du jour, et contenant un éloge, un résumé de la vie du saint ou un bref exposé sur la fête ; plus généralement, livre contenant les vies des saints.

Synaxe (n.f.) : (grec,  » réunion « ) Assemblée de croyants pour une prière commune ; plus spécifiquement, fête célébrée au lendemain d’une grande fête ; aussi, regroupement des saints ou d’anges, par exemple sur une icône.

Synergie (n.f.) : Coopération ou collaboration de la volonté humaine avec la grâce divine, avec l’Esprit Saint dans la voie vers Dieu ; cf. saint Paul : Nous sommes les coopérateurs de Dieu (1 Co 3,9)

Synode (Saint) (n.m.) : Réunion des évêques d’une Église orthodoxe sous la présidence de leur chef (patriarche, métropolite, archevêque), instance suprême de l’autorité ecclésiastique.

Tchotki (n.m.) (slavon) : Voir chapelet.

Tempérance : Ascèse de l’amour, la maîtrise de tous les désirs.

Ténèbre (n.f.) : Au sing., réfère souvent à la nuée recouvrant les manifestations divines ; au pl., l’obscurité profonde de l’absence de Dieu dans l’enfer et la mort spirituelle.

Thaumaturge (adj. et n.) : Saint et sainte qui accomplit des miracles de son vivant ou après la mort.

Théologie : (du grec theos,  » Dieu  » et logos,  » parole « ) Connaissance de Dieu, plus spécifiquement, la connaissance mystique, immédiate et personnel de Dieu par l’expérience, au-delà de la connaissance intellectuelle. L’Église n’a accordé le titre de  » théologien  » qu’à trois personnes : saint Jean l’Évangéliste, saint Grégoire de Naziance et saint Syméon le Nouveau Théologien. Mais aussi,  » celui qui prie vraiment est théologien  » (Évagre le Pontique).

Théologoumenon (n.m.) : Doctrine ne relevant pas de la doctrine de foi proprement dite, opinion théologique.

Théophanie (n.f.) : (du grec,  » manifestation de Dieu « ) Aussi Épiphanie. Manifestation de Dieu à l’homme, à la fois dans l’Ancien Testament (exemples : Moïse et le buisson ardent et au Mont Sinaï) et dans le Nouveau Testament (le baptême et la Transfiguration du Christ). La fête de la Théophanie (le 6 janvier) célèbre le baptême du Christ.

Théophore (adj. et n.) : Qui porte ou manifeste Dieu.

Théosis : Voir Déification.

Théotokion (n.m.) : Tropaire ou stichère, souvent placé à la fin d’une série, en honneur de la Mère de Dieu ; parfois un développement dogmatique sur l’Incarnation.

Théotokos (n.f.) : (du grec,  » celle qui enfante Dieu  » ou  » Mère de Dieu « ). Titre principal de la Vierge Marie, attribué par le troisième Concile œcuménique réunie à Éphèse en 431.

Tierce : La troisième heure, office célébré vers 9 heures.

Ton : Un des huit groupes de mélodies ou échelles modales sur lesquelles doivent être exécutées les pièces liturgiques.

Tradition : Transmission et actualisation de la vie en Christ, de la foi vivante depuis les temps apostoliques. Exprimée par les Saintes Écritures, le Credo, les définitions des Conciles œcuméniques, certains écrits patristiques, la liturgie, les icônes et les vies des saints.

Transcendance : Qualité de Dieu dont l’essence est au-dessus et au-delà de toute explication, concept, notion de temps et d’espace, hors d’atteinte de notre connaissance et compréhension. Voir aussi Apophatique et Cataphatique.

Triade (n.f.) : Avec une majuscule, la sainte Trinité. Triadique : relatif ou dédié à la sainte Trinité, par exemple certains tropaires des matines.

Trikirion (n.m.) : Chandelier à trois cierges unies, dont se sert l’évêque pour bénir ; le trikirion pascal sert au prêtre durant les offices de Pâques.

Triode (n.m.) : (du grec,  » canon à trois odes « ) Ensemble de trois odes formant le canon de matines en Carême. D’où le nom donné à des livres liturgiques : Triode de Carême (contient les textes relatifs au Grand Carême ainsi qu’à la Semaine Sainte jusqu’au Samedi Saint) ; Triode de Pâques ou Pentecostaire (textes pour la période de Pâques jusqu’au dimanche qui suit la Pentecôte).

Triptyque : (du grec tripukhos  » plié en trois « ) Icône en trois panneaux, dont les deux extérieurs se replient sur celui du milieu ; l’image central est souvent le Christ Pantocrator, entouré de la Mère de Dieu et de saint Jean Baptiste, ou d’autres saints.

Trisagion ou Trisaghion (n.m.) : (du grec,  » trois fois saint « ) Hymne liturgique où le mot grec agios revient trois fois : Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous ; l’hymne est proprement considérée comme trinitaire.

Tropaire (n.m.) : Strophe ou courte hymne poétique résumant l’esprit d’une fête ; plus généralement, unité de base de la poésie et de la musique liturgiques byzantines.

Typicon (n.m.) : Livre contenant le cérémonial liturgique et les rubriques pour les différents offices, l’ » ordo « .

Typiques (n.m.pl.) : Dans la Liturgie, désigne le groupe des Psaumes 102, 145 et les Béatitudes qui précède ordinairement la Petite Entrée. Office des Typiques : un office de communion pour les jour sans Liturgie, à l’instar des Présanctifiés en Carême.

Tyrophagie (n.f.) : (du grec tyros  » fromage « ) Dernière semaine avant le Grand Carême, pendant laquelle on peut manger les laitages et les œufs, après avoir éliminé la viande. Le dimanche de la Tyrophagie commémore le  » Paradis perdu  » par Adam.

Vêpres : (du latin, vesper  » soir « ) Office du soir qui introduit à la célébration du jour suivant, en particulier du dimanche et des fêtes.

Verbe : (du latin verbum  » parole « ) Traduction du grec Logos ; désigne la deuxième personne de la Sainte Trinité, le Fils de Dieu, sa Parole.

Vieux-calendristes : Groupe schismatique grec qui a refusé la décision de l’Église de Grèce en 1923 de suivre le calendrier grégorien plutôt que le calendrier julien pour les fêtes fixes.

Vieux-croyants : Groupe schismatique russe issu de la tentative maladroite de réforme liturgique introduite par le patriarche Nikon au XVIIe siècle ; en russe, raskol.

Vigilance : (en grec nepsis  » éveil « ) Ascèse de l’intelligence ou activité de l’esprit qui est attentif et lutte, par la prière et les pratiques ascétiques, contre l’assaut des pensées ou suggestions démoniaques. Appelé aussi garde du cœur, attention.

Vigiles : Dans l’usage slave, long office du soir, fusion des vêpres et des matines célébré la veille des fêtes liturgiques et des dimanches ; en principe la célébration liturgique devrait commencer dans la soirée pour se prolonger au cours de la nuit et s’achever avec la Divine Liturgie au petit matin de la fête (agrypnie).

Vladiko : (slavon) Évêque.

Zéon (n.m.) : (grec  » chaud « ) Eau bouillante, versée dans le vin consacré, avant la communion rappelant la présence du Saint Esprit au mystère eucharistique et invoquant la vie ; aussi le récipient dans lequel l’eau chaude est placée à cette fin.

POUR ALLER PLUS LOIN

Des lexiques plus amples et élaborés sont disponibles dans les œuvres suivantes :

Catéchèse Orthodoxe, Vocabulaire théologique orthodoxe. Cerf, 1985. (Théologie)

Catéchèse Orthodoxe, Les fêtes et la vie de Jésus-Christ I. L’Incarnation Cerf, 1985 ;
II. La Résurrection. Cerf, 1989. (Liturgie et théologie)

Denis Guillaume, Le Spoutnik, nouveau Synecdimos. Diaconie Apostolique, Parme, 1997. (Culte et liturgie)

Jacques Touraille, trad., Philocalie des pères neptiques. Desclée de Brouwer/J.-C. Lattès, 1995. (Spiritualité et ascèse)

Note: Cette page a été reprise du site  Pages Orthodoxes la Transfiguration. Avec nos vives remerciements.